Baignade en Suisse : 6 lacs méconnus à découvrir absolument cet été

Lacs méconnus en Suisse 6 secrets à découvrir cet été
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Tout le monde connaît le Léman. Tout le monde a vu les photos du lac de Thoune. Mais la Suisse compte plus de 1 500 lacs officiellement répertoriés, et les plus extraordinaires n’ont presque jamais leur place dans les magazines grand public. Ce sont des plans d’eau confidentiels, peu balisés, fréquentés surtout par des locaux qui préfèrent garder leur secret. Des endroits où l’eau prend des teintes qu’on croyait réservées aux Caraïbes, entourés de paysages alpins qui coupent le souffle. Voici six lacs suisses qui méritent bien mieux que l’anonymat dans lequel ils se trouvent.

Le lac de Brienz : une couleur qui ne devrait pas exister

Situé à moins d’une heure d’Interlaken, le lac de Brienz est peut-être le lac le plus photogénique d’Europe. Pourtant, il reste étrangement sous-fréquenté. La raison est simple : il se trouve dans l’ombre de voisins bien plus célèbres. Le lac de Thoune à l’ouest. Grindelwald et la Jungfrau au sud. Les touristes passent à côté sans s’arrêter, et c’est leur erreur.

La couleur de l’eau défie toute explication rationnelle : un turquoise surnaturel, presque irréel, produit par les particules de glacier en suspension que les géologues appellent « farine glaciaire ». La température, elle, est moins accueillante. Environ 18°C en plein coeur de l’été, à peine 14°C dès septembre. Pas de quoi décourager les amateurs de baignade pure et dure.

Le bateau à vapeur historique qui relie Brienz à Interlaken depuis 1839 reste l’une des façons les plus élégantes de découvrir le lac. L’accès aux rives est gratuit, et les plages de galets sont presque désertes en semaine, même en juillet. À noter : le village de Brienz abrite une tradition d’artisans sculpteurs sur bois inscrite au patrimoine culturel immatériel de la Confédération.

Le lac de Neuchâtel : le plus grand lac suisse que personne ne connaît vraiment

Voilà la révélation de cet article. Le lac de Neuchâtel est le plus grand lac entièrement situé sur territoire helvétique, avec 218 km² de surface. Plus grand que le lac de Thoune, plus grand que le lac de Bienne, plus grand que le lac des Quatre-Cantons. Et pourtant, demandez à dix touristes de citer un lac suisse : neuf répondront le Léman, qui appartient pour un tiers à la France.

La rive nord réserve une surprise de taille. Des vignobles en terrasses plongeant directement sur l’eau, des villages de pêcheurs reconvertis à l’œnotourisme, des couchers de soleil sur le massif du Jura qui surpassent sans peine ce que l’on voit dans les destinations lacustres bien plus fréquentées. Les AOC Chasselas et Pinot Noir de la région ont une réputation solide dans les cercles viticoles suisses, mais restent presque inconnus à l’échelle internationale. Les roselières de la Pointe du Grain, classées réserve naturelle, abritent plus de 200 espèces d’oiseaux nicheurs et migrateurs. La ville de Neuchâtel elle-même, avec son château médiéval perché sur les hauteurs et ses arcades gothiques, compte parmi les plus belles cités de Suisse romande.

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La région des Trois-Lacs (Neuchâtel, Bienne, Morat) se découvre idéalement sur plusieurs jours, à un rythme lent, loin des circuits standardisés. Pour composer ce type d’itinéraire dans les détails, avec les bonnes adresses et les hébergements rares que ce territoire recèle, Rubis Voyages Neuchâtel accompagne les voyageurs depuis plus de 30 ans avec une spécialisation dans les séjours sur mesure en Suisse romande.

Le lac de Morat : la ville médiévale au bord de l’eau

À quelques kilomètres de Neuchâtel, le lac de Morat (Murten en allemand) joue dans une autre catégorie. Plus petit, plus calme, encadré par des collines boisées et dominé par une ville fortifiée qui semble sortie d’un autre siècle. Les remparts de Murten, construits au XIIIe siècle, permettent de faire le tour complet de la vieille ville à pied en moins d’une heure. La vue sur le lac depuis les créneaux est franchement spectaculaire.

Les plages publiques autour du lac sont accessibles gratuitement. L’eau y est plus chaude que dans les lacs alpins, atteignant régulièrement 24°C en juillet et en août. C’est l’un des meilleurs lacs de baignade familiale de toute la Suisse, sans les tarifs prohibitifs de certains complexes lacustres.

Un conseil pratique : louer un vélo à Murten et faire le tour du lac à la journée. Comptez environ 35 kilomètres de parcours plat, avec des arrêts dans les villages de Sugiez et de Meyriez.

Le lac de Silvaplana : le paradis des amateurs de vent à 1 797 mètres d’altitude

Engadine. Haute montagne. Lumière froide et ciel trop bleu. Le lac de Silvaplana, situé à 1 797 mètres d’altitude dans le canton des Grisons, n’est pas un lac pour se prélasser au soleil. C’est un lac pour vivre à pleine vitesse.

Le site est reconnu parmi les meilleurs spots de windsurf et de kitesurf d’Europe continentale, grâce au vent thermique local connu sous le nom de « Maloja », qui souffle avec une régularité remarquable en après-midi pendant tout l’été. Des compétitions internationales s’y tiennent chaque saison, attirant des sportifs du monde entier. Mais la grande majorité des visiteurs qui se déplacent jusqu’ici ne vient pas pour ça.

Ils viennent pour la lumière. Cette lumière d’altitude, rasante et cristalline, qui transforme chaque paysage en tableau. La proximité de Saint-Moritz, à seulement 5 kilomètres, en fait une base logistique commode, sans les prix stratosphériques du village voisin.

L’eau reste froide même en plein été : 15 à 17°C au maximum. Déconseillé pour les baignades prolongées. Vivement recommandé pour les esprits aventuriers.

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Le lac de Walen : le secret le mieux gardé de Suisse alémanique

Entre Zurich et les Grisons, le Walensee s’étire sur 24 kilomètres entre des falaises qui tombent directement dans l’eau. Aucun sentier n’en longe toute la rive sud. Brutal, minéral, presque austère. Et c’est précisément pour ça que les initiés l’aiment autant.

Ce lac est l’un des moins fréquentés par les touristes étrangers, malgré une beauté qui n’a rien à envier aux fjords norvégiens. L’eau est d’un bleu profond, presque noir par endroits, avec des profondeurs atteignant 145 mètres. La transparence est exceptionnelle. La petite ville de Weesen, à l’extrémité ouest, offre l’un des rares accès publics à la rive avec une plage de galets correcte. Walenstadtberg, sur les hauteurs de la rive nord, donne une vue plongeante sur l’ensemble du plan d’eau qui justifie à elle seule le détour.

Accessible depuis Zurich en moins d’une heure de train, ce lac reste incompréhensiblement ignoré des circuits touristiques classiques. Ce n’est peut-être pas plus mal.

Le lac de Saoseo : l’anti-Léman absolu

En Suisse italienne, dans le val Poschiavo, il existe un lac que les guides touristiques mentionnent à peine. Le lac de Saoseo se mérite. Il faut compter environ deux heures de marche depuis le village de Le Prese pour y accéder, en traversant forêts de mélèzes et zones de haute montagne. À 1 906 mètres d’altitude, l’effort est réel.

Ce qu’on trouve en haut est saisissant. Un lac d’une tranquillité absolue, entouré de roches et de végétation rase, avec une eau d’une clarté stupéfiante. Zéro infrastructure touristique. Pas de kiosque, pas de transats, pas de musique de fond. Juste le vent, les pierres et une eau froide qui n’atteint jamais plus de 14°C, même au coeur de l’été.

Le val Poschiavo est accessible depuis Saint-Moritz par le célèbre train du Bernina, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Combiner les deux en un seul séjour est une évidence. C’est ça, la Suisse que peu de voyageurs connaissent : sauvage, silencieuse, préservée.

La Suisse secrète, ça se planifie

Ces six lacs n’ont rien à voir avec le tourisme de masse qui encombre le Léman chaque juillet. Ils demandent un autre état d’esprit : anticiper les hébergements (souvent rares et vite complets), prévoir les transports locaux à l’avance, accepter que certaines rives ne soient accessibles qu’à pied.

La Suisse compte 26 cantons, 4 langues nationales et plus de 1 500 lacs. Choisir les bons n’est pas une question de budget : c’est une question de curiosité. Les plus belles destinations de ce pays ne figurent pas dans les brochures standardisées. Elles se trouvent dans les détails, dans les itinéraires que personne n’a encore balisés pour vous. À vous de jouer.

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Image de Sophie Rousseau
Sophie Rousseau
Je partage mes découvertes aux quatre coins du monde à travers des récits de voyage, des astuces, des recettes et des articles culturels. J’écris sur l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Afrique, l’Océanie et les tendances lifestyle.